DTG VS sérigraphie : le duel

Décortiquons ensemble les avantages et les inconvénients de ces deux techniques d'impression.

il y a 3 mois • 10 min de lecture

Par Isabelle Gervasoni
DTG VS sérigraphie : le duel
Table des matières

D'après un très fameux adage, "on ne change pas une équipe qui gagne". Toutefois, que se passe-t-il quand on lui trouve un concurrent digne de son niveau, voire supérieur ? Voilà la question à un million de dollars.

Aujourd'hui, il existe une grande quantité de méthodes d'impression. Deux d'entre elles restent cependant les plus utilisées actuellement sur le marché du textile customisé, on nomme : la DTG et la sérigraphie. Même si vous êtes néophyte dans le milieu, vous en avez déjà probablement entendu parler : il s'agit ici des deux solutions d'impression évidentes que tout entrepreneur considèrera forcément lors de la création de sa marque de vêtements et goodies personnalisés. Chacune de ces techniques a ses avantages comme ses inconvénients et convient aux uns et non aux autres selon les budgets, le rendu esthétique, le modèle économique et les capacités de logistique et de stockage de l’entrepreneur.

Pour vous faciliter le travail et vous aider dans votre décision, notre équipe de passionnés et d’experts a planché sur l'élaboration d'une comparaison de ces deux méthodes d'impression. Préparez-vous à assister à une lutte sans merci entre le mastodonte vieux d'un millénaire (la sérigraphie) et le petit nouveau ambitieux et plein d'avenir (la DTG).

Le meilleur choix entre sérigraphie et DTG

La sérigraphie : tradition et production en masse


Lorsqu'on parle de la sérigraphie comme étant traditionnelle, on ne plaisante pas : il s'agit de la plus ancienne des méthodes d'impression. Anecdote culturelle à connaître pour briller en société : ses origines seraient retracées à la dynastie des Song en Chine, celle-ci ayant été en place entre l'an 960 et 1279. C'est donc une technique qui a eu largement le temps de bâtir sa belle réputation. Peut-on cependant dire qu'elle est encore à la hauteur de nos attentes contemporaines ?

Comment fonctionne-t-elle, au juste ?

Pour simplifier, la sérigraphie est une méthode se basant sur l'utilisation de pochoirs. La réalité est toutefois bien plus complexe que cela : cette technique se décline en de multiples étapes et demande beaucoup d'efforts et de travail du côté de l'imprimeur.

Décortiquons un petit peu ce processus...

Dans un premier temps, il est nécessaire de graver (créer) les écrans : après avoir isolé les couches de couleurs du visuel (la "séparation"), il faut créer autant d'écrans que nécessaire.

Il existe plusieurs méthodes pour la gravure, la plus connue consistant à réaliser un film imprimé en négatif, de chaque couche.

Sur un cadre supportant une maille, on va "insoler" chaque couche : le cadre sera donc un négatif parfait du visuel.

Ce cadre est ensuite placé sur un bras articulé de carrousel et le textile est enfilé sur un plateau.

Par la suite, un racle (automatique ou manuel selon l'équipement) s'occupera d'apposer les encres directement dans les mailles du vêtement ou de l'accessoire au travers du cadre : cette étape peut être assez longue étant donné que les couleurs sont apposées une par une.

Enfin, le support fraîchement imprimé se devra de passer dans un four de séchage prévu à cet effet afin que le motif adhère comme il se doit au matériau.

La sérigraphie, une bonne solution pour ceux qui peuvent stocker et investir.

Les avantages de la sérigraphie

Son nom vous aura peut-être mis la puce à l'oreille : l'un des plus grands avantages de la sérigraphie réside dans le fait qu'elle facilite beaucoup l'impression de grandes séries en un minimum de temps. Pour ceux qui souhaitent vendre de grandes quantités, qui ont la certitude d'avoir les moyens de stocker ces dernières sans finir enseveli sous des montagnes de t-shirts invendus au beau milieu de son salon, la sérigraphie peut être une solution viable et rentable. En effet, bien que ses étapes de préparation et d'impression puissent paraître laborieuses, elles sont tout à fait adaptées à la production à la chaîne de la même pièce.

Parlons résultat : lorsqu'elle est correctement maîtrisée, la sérigraphie présente une "main" (c'est à dire un toucher de l'impression) agréable, légèrement en relief. Les encres imbibent bien la fibre, permettant ainsi une très bonne durabilité de l'impression sur le temps. Les nuances, quant à elles, sont vives et saturées.


Les inconvénients de la sérigraphie


Bien qu'ayant une excellente réputation (justifiée), croyez-nous bien, la sérigraphie ne représente pas QUE des avantages.

Son plus grand défaut est aussi sa première qualité : sa parfaite adaptation à la production en quantité. En effet, le coût de son matériel et le temps de préparation qu'elle nécessite : ces deux facteurs contribuent au fait avéré qu'elle n'est pas une solution appropriée pour les entrepreneurs souhaitant lancer leur marque sans trop investir initialement dans de grandes quantités, sans possibilités de stocker leur marchandise ou assurance de vendre tous leurs produits en un clin d'oeil. Cette technique est notamment rendue particulièrement coûteuse par le fait que chaque encre se doit d'être posée individuellement, chacune nécessitant son propre pochoir et son propre écran. Pas question, donc, de se tourner vers la sérigraphie pour un produit dont le succès n'est pas garanti.

De même, compte tenu du besoin de procéder une couleur à la fois, cette technique ne sera pas adéquate pour l'impression de visuels complexes présentant des nuances variées, mais plutôt pour des motifs unis ou limités en terme de détails. Ainsi, même si vos visuels sont conformes à cette description, opter pour cette méthode pourrait limiter la diversification de vos choix esthétiques sur le long terme.

Autre point assez fâcheux, surtout à travers nos yeux d'engagés pour la santé de notre planète : la sérigraphie n'est pas une solution d'impression des plus respectueuses de la planète, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'encre à l'eau, une alternative éco-responsable aux encres classiques, n'est pas le standard de la sérigraphie. Les sérigraphes s'en tiennent donc généralement à des encres qui contiennent souvent des phtalates, PVC et autres produits chimiques (connues sous le nom de plastisol) malheureusement bien moins eco-friendly que l'encre à l'eau. Au-delà de ces substances plus ou moins saines, l'encre est requise en de bien plus grandes quantités en sérigraphie qu'en impression numérique : d'après la Fespa, l'association des professionnels de la sérigraphie, cette technique nécessiterait pour un tirage de 10 000 mètres plus de 540 kilos d'encre contre 90 kilos seulement pour l'impression numérique.

En outre, il faut noter que la sérigraphie est une technique nécessitant l'occupation d'un espace conséquent, pour l'étape de la production (entre les machines à impression rotative, les séchoirs, les cuisines dédiées à la préparation des couleurs d'encre, la zone de lavage des écrans) comme celle de l'entreposage (des articles produits en masse mais également des machines auxiliaires, des écrans et des encres). En comparaison, une machine d'impression numérique demandera près de 10 fois moins d'espace pour un rendement similaire. Ainsi, l'importante utilisation des ressources que demande la sérigraphie n'est pas la plus adéquate dans une ère où il devient de plus en plus indispensable de minimiser son impact sur la planète.


La DTG : un nouveau venu à l'avenir tellement prometteur

En comparaison de la sérigraphie, la DTG vient tout juste d'émerger ; mais quelle arrivée magistrale...


Cette méthode d'impression a fait sa discrète apparition au milieu des années 90 pour être commercialisée plus globalement à partir de 2005. Elle n’a, depuis, pas cessé d'être améliorée pour convenir aux attentes des professionnels de l'impression et du textile, pour devenir la merveilleuse technique aboutie qu'elle est aujourd'hui. Son succès ces dernières années est simplement retentissant, avec un taux de croissance du marché de pas moins de 10,5% en 2021 (source : WhatTheyThink).

Maintenant que les présentations sont faites, voyons ensemble comment fonctionne cette technique.

Comment ça marche, au juste ?


La DTG n'est, somme toute, pas très différente des imprimantes dont on a l'habitude de se servir à la maison ou sur le lieu de travail : c'est une méthode entièrement numérique fonctionnant avec la technologie du jet d'encre. La principale nuance réside dans le fait que la DTG est spécialement conçue pour imprimer des matières textiles, ces dernières un peu plus versatiles et demandant davantage d'attention durant le procédé que le papier.

La méthode est globalement assez simple mais requiert l'application stricte de plusieurs étapes : tout d'abord, tout textile d'une couleur autre que blanc devra passer par la case pré-traitement, c'est à dire qu'une solution sera pulverisée directement sur l'emplacement désiré du motif afin de garantir l'adhérence de l'encre.

Le textile sera ensuite positionné sur un plateau conçu pour le tenir en place sur l'imprimante, plateau qui finira ensuite par s'introduire dans la machine pour la phase d'impression du textile, le visuel ayant été transmis au préalable d'une manière entièrement digitale. Cette étape, pourtant celle qu'on pourrait décrire comme étant la plus cruciale, est étonnamment rapide : elle ne prend que quelques dizaines de secondes tout au plus.

Pour finir, le produit imprimé passe dans un four de séchage (qui prend la forme d'une sorte de tunnel où il fait particulièrement chaud) afin que l'encre se fixe durablement au tissu.

Encres écologiques utilisées pour l'impression numérique (DTG) avec T-Pop.

Les inconvénients de la DTG


On ne peut pas tous être parfaits... La DTG présente quelques petits inconvénients qui peuvent être problématiques en fonction du chemin que vous souhaitez faire prendre à votre activité.

Il faut tout d'abord noter que le pré-traitement se doit d'être fait individuellement pour chaque produit et ne peut être effectué à la chaîne, à l'avance. De même, il faut savoir que l'encre à l'eau se trouve à un prix assez élevé. On peut donc dire que, bien que la plus rentable sur des commandes à l'unité ou en quantités limitées, la DTG ne sera pas forcément la solution à privilégier si l'on a les moyens financiers et de stockage pour nécessiter la production d'un grand nombre de pièces à la fois.

Pour un résultat optimal, les tissus contenant au moins 70% de coton sont favorisés pour la DTG ; autrement, l'absorption de l'encre et la durabilité du résultat se voit compromise. Ce point peut être toutefois facilement contourné avec un pré-traitement particulier du textile avant l'impression, quelle que soit la teinte du produit vierge.


Les avantages de la DTG


En tant que professionnels impliqués dans le milieu de l'impression depuis une belle poignée d'années, on ne peut faire autrement que ne pas tarir d'éloges à propos de la révolution que représente la DTG.

Tout d'abord, étant quasiment entièrement digitale, c'est pour nous LA meilleure solution pour produire en Print on Demand : elle est parfaitement adaptée à un système automatisé comme le nôtre et permet une grande fluidité et un minimum d'étapes entre la réception du visuel et la fin de la phase de production du produit.

Contrairement à la sérigraphie, la DTG est également parfaitement appropriée au business model du POD puisqu'elle ne requiert pas la production d'un minimum de pièces pour être rentable, et cela notamment grâce à une phase de préparation bien moins longue et laborieuse. Ainsi, pas de besoin de prévoir de vider votre garage pour y abriter votre stock ou de vous ruiner pour acquérir une tonne de t-shirts simultanément.

Passons à l'argument esthétique : là encore, la DTG fait définitivement ses preuves. Cette méthode permet l'impression de visuels extrêmement complexes, comme des photographies, par exemple. En terme de couleurs, aucune limitation : vous pouvez laisser libre cours à votre imagination. Nuances variées et distinctement séparées, rendu haut-en-couleur,... Le résultat est plaisant visuellement, mais pas seulement : la main est douce, sans relief, presque imperceptible. L'absorption de l'encre est telle qu'elle offre une durabilité indéfinie. Pas de doute, cette technique donne lieu à une belle qualité d'impression.


Dernier point, et pas des moindres : la DTG a tout d'un exemple d'éco-responsabilité. C'est d'ailleurs un critère qui a énormément pesé dans la balance lors du choix de nos méthodes d'impression pour notre service de print-on-demand eco-friendly.

Tout d'abord, cette méthode permet l'utilisation d'encres à l'eau certifiées par l'Eco Passport d'OEKO-TEX® ainsi que par le label GOTS 5.0, bien plus douces pour l'environnement et pour notre santé que la plupart des encres utilisées sur le marché, généralement bourrées d'ingrédients chimiques assez cracra.

D'autre part, contrairement à la sérigraphie, cette technique ne requiert que très peu de ressources, d'espace pour son matériel et de solutions d'entreposage (compte tenu de son business model se basant sur la production de petites séries à la demande) : toujours selon la Fespa, l'équivalent de 400 mètres carrés occupés par du matériel de sérigraphie requerra uniquement 37 mètres carrés, le tout pour la même quantité produite. Il faut également bien souligner que l'impression numérique est une méthode économe en eau : tout d'abord grâce à sa technologie de jet d'encre par micro-gouttelettes mais également car elle n'implique pas d'étape de lavage, contrairement à la sérigraphie où les tamis rotatifs doivent être rincés après chaque utilisation, entraînant ainsi l'évacuation d'eau contaminée par les produits chimiques des encres.

Il s'agissait donc véritablement du meilleur choix de technique d'impression pour nous, en adéquation parfaite avec notre volonté d'avoir un impact le plus minime sur notre environnement.


Entre sérigraphie et DTG, que choisir ?


Disons-le tout de suite : la sérigraphie et la DTG sont toutes deux de très bonnes manières de produire du textile customisé. Chacune des deux méthodes donne des rendus aux qualités indéniables. Cependant, aucune de ces deux méthodes n'est vraiment gagnante suite à ce duel : ce choix vous appartient réellement, tout dépend surtout de votre business model.


Pour ceux qui souhaitent partir sur les chapeaux de roues et produire par centaines, qui n'ont pas peur d'investir une grande somme, qui n'ont pas besoin d'une palette de couleurs complexe : la sérigraphie est probablement l'option à favoriser.


Toutefois, si votre marque est émergente et que le business model du service à la demande vous intéresse, si vous préférez vous lancer sans grand investissement capital de départ, si vous rêvez de produits aux couleurs vives et nombreuses,... Ne cherchez pas plus loin : la DTG est la meilleure solution et présente très clairement le meilleur rapport qualité/prix.

De notre côté, la DTG semblait être le choix le plus naturel lors de la création de notre service de print-on-demand, pour la simple et bonne raison que notre volonté première était de donner la possibilité aux créateurs et aux entrepreneurs de s'exprimer et de lancer leurs projets, sans pour autant nécessiter de grandes ressources financières initiales, de moyens de stocker des quantités conséquentes et de gérer l’expédition des commandes. Associer la possibilité de laisser les jeunes marques se concentrer sur la création et le marketing à une qualité d'impression premium : plus qu'un objectif, un réel bonheur.

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